Le bois-énergie

Qu’est-ce que le bois énergie ?  Autant critiqué qu’adulé, le bois-énergie fait souvent l’objet d’idées préconçues, jusqu’à certaines décisions politiques qui sont parfois hâtives et qui vont à l’encontre des bienfaits environnementaux qu’elles visent !  Cette page est l’occasion de recadrer le débat et tente d’apporter des éléments objectifs à la problématique.

Qu’est-ce que le bois-énergie ?

Il s’agit de produit à base de bois ou ligneux qui sont destinés à des fins énergétiques.  Cela va de la production de chaleur à la production d’électricité ou de biocarburants.  En Europe, le bois-énergie est la première source d’énergie renouvelable consommée.  Différentes catégories existent :

  • le bois bûche ou rondins, de 20 à 50 cm de longueur. Il est utilisé sous forme de bois de chauffage.  Son rendement est relativement faible mais dépend du taux d’humidité du bois ainsi que de l’espèce ;
  • Les plaquettes forestières ou industrielles. Il s’agit de bois déchiqueté produit lors de la réduction mécanique des branches, des pieds de troncs, des souches, … ;
  • Les granulés (ou pellets). Il s’agit de granules de forme cylindrique (1 à 3 cm de longueur) réalisées à partir de copeaux et de sciure de bois compacté.  Leur taux d’humidité est inférieur à 10% ce qui leur confère un bon pouvoir calorifique.

Les énergies produites grâce au bois-énergie

La production de chaleur

Elle constitue la principale voie de valorisation du bois-énergie.  Cette production représente plus de 50% de la part de la consommation d’énergies renouvelables thermiques.  En Wallonie, les énergies renouvelables représentent 11% de la totalité de l’énergie produite soit 13 460 GWh (source : Valbiom 2018).  Elle est aussi la plus ancienne depuis sa maitrise par l’homme à la Préhistoire !

Au terme de l’évaporation de l’eau contenue dans le bois et de la pyrolyse (décomposition des macromolécules du bois en différents gaz dont le monoxyde de carbone et l’hydrogène), les gaz formés s’oxydent et entre en combustion pour former des flammes.  La température atteinte avoisine les 800 degrés.

La production d’électricité

Lors de la combustion du bois, la chaleur est utilisée pour chauffer de l’eau liquide dans une chaudière et la transformer en vapeur d’eau.  Celle-ci est mise sous pression et fait alors tourner des turbines qui génèrent de l’électricité.  Le rendement de cette production est faible.  Dans certains cas, pour limiter ce problème, la production électrique est alors couplée avec une récupération de la chaleur de la vapeur émise pour alimenter un système de chauffage d’eau chauffée.  Cette double production est nommée cogénération.

La production de biocarburants

Par hydrolyse, la cellulose du bois peut être transformée en glucose.  Le glucose peut ensuite, par fermentation, être transformé en éthanol.  Celui-ci sert alors de base aux biocarburants.

Le bois énergie est-il écologique ?

La meilleure économie d’énergie correspond à l’énergie que l’on ne consomme pas…limitons-là, tant que faire se peut !  Cependant, il parait peu réaliste de ne consommer aucune énergie.

L’utilisation du bois-énergie n’est intéressante que dans la mesure où la ressource dont il provient a fait l’objet d’une valorisation préalable maximale ! Il n’est donc pas question de couper des arbres de qualité pour en faire immédiatement du bois-énergie.  Valorisons ceux-ci (et le CO2 qu’ils contiennent) le plus longtemps possible dans des habitations, du mobilier, etc…  Lorsque ces produits, au terme de la première fonction qu’ils remplissent, ne peuvent plus être recyclés (en panneaux, …), il est alors intéressant de les destiner à du bois-énergie.

Le bois est une ressource totalement renouvelable.  Il ne faut pas oublier qu’une très grande part de nos forêts est gérée durablement et labellisée (plus de la moitié des forêts wallonnes est certifiée PEFC, 66% en Allemagne est PEFC et près de 16% des forêts en Flandre sont certifiées FSC).

Le bilan de la combustion du bois énergie est nul sur le plan des émissions de gaz à effet de serre.  Le CO2 rejeté lors de la combustion correspond, en quantité, exactement à celui qui a été capté par l’arbre durant sa croissance.

Quand le bois-énergie n’est-il pas écologique ?

Comme évoqué précédemment, la combustion du bois produit des gaz tels que

  • le benzène ;
  • le formaldéhyde ;
  • l’acréoline ;
  • des composés organiques volatils (COV) ;
  • du monoxyde de carbone ;
  • des oxydes d’azote (NOx) ;
  • des dioxines
  • des Furannes
  • des hydrocarbures aromatiques polycycliques.

Mais également des particules fines (de taille inférieure à 2.5 micromètres ou 2.5 millionièmes de mètre ou 2.5 millièmes de millimètre) qui, par leur taille très réduite, peuvent pénétrer profondément dans le système respiratoire.

Le bois-énergie est donc confronté à un dilemme, d’un côté c’est un combustible très intéressant d’un point de vue environnemental, totalement naturel et renouvelable, et d’un autre côté, il peut générer des gaz et particules fines nocives pour la santé…  Comment résoudre ce problème ?  Des éléments de réponses figurent dans le chapitre suivant.

Solutions préconisées pour valoriser le bois-énergie

Le choix d’un système de chauffage performant est capital.  En effet, il est indispensable de se munir d’une installation moderne qui garantira le contrôle des émissions tout en offrant un rendement élevé.  Il n’est donc pas logique d’interdire, tel que c’est le cas actuellement dans certaines régions ou villes, le chauffage au bois-énergie mais il serait plus constructif en environnemental d’encourager, par exemple par le truchement de prime, à la conversion de son système de chauffage vers un dispositif plus performant tant pour le rendement que pour leurs émissions de polluants.

Votre comportement est aussi capital

Au-delà d’un chauffage performant, vous pouvez agir concrètement pour limiter vos émissions de particules fines et augmenter le rendement de votre foyer.

Il s’agit de :

  • Disposer d’une arrivée d’air optimale permettant la bonne combustion du bois. Si votre maison est idéalement isolée et souvent pourvue d’une ventilation mécanique contrôlée (VMC), il sera préférable d’opter pour un foyer étanche, sans prise d’air dans la pièce chauffée ;
  • Avoir un conduit de cheminée dimensionné en fonction du type d’appareil et de sa puissance. Son entretien et un ramonage périodique sont également souhaitables ;
  • N’utilisez que le combustible renseigné par le fournisseur de foyer et n’y brulez que du bois si votre foyer n’est prévu que pour celui-ci !
  • Ne brulez que du bois massif et pas de bois traités, vernis, peints ou des panneaux et autres produits à base de bois ;
  • Au plus votre bois sera sec au mieux la combustion sera complète et efficace mais également le rendement de votre combustible ;
  • N’employez pas de bois trop volumineux qui ont une combustion moins bonne. Des bûches d’un diamètre maximum d’une quinzaine de centimètre seront parfaites ;
  • Faites votre feu ‘à l’envers’ !!! La majorité des personnes ont tendance à mettre du papier puis à ajouter des couches de bois dont l’épaisseur augmente du bas du foyer vers le haut.  Cette pratique a tendance, dans un premier temps, à faire chauffer le bois sans le bruler.  De ce fait, les gaz émis par le bois chauffé ne sont pas brulés mais sont libérés.  Préférez l’installation des plus gros bois en partie inférieure de votre foyer et placer au fur et à mesure, des bois de diamètre plus petit.  Placer le papier avant l’avant dernière couche.  Vous verrez, cela fonctionnera parfaitement et en plus, vous agirez au bénéfice de l’environnement !
  • Eviter d’utiliser un feu ouvert ou préférez la fonction foyer fermé à celle ouvert lorsque vous avez le choix. Le rendement chaleur sera largement supérieur mais en plus, vous limiterez l’appel d’air qui aura plutôt tendance à refroidir la pièce qu’à la chauffer !!!  Un foyer ouvert n’a qu’une dizaine de pourcent de rendement… On atteint les 70 à 80% pour un foyer fermé.
  • Faites l’entretien régulier de votre cheminée au moins une fois par an !

Pour d’autres conseils plus complets : https://www.lamaitrisedufeu.be/fr/faq